Quelques nouvelles de la République tchèque… Mercredi dernier, dans le Prague Post, Aviezer Tucker, auteur d’un livre sur la dissidence politique, déclarait que le spectre du totalitarisme faisait toujours planer son ombre sur la République Tchèque. Pour l’auteur, la transition démocratique initiée après la Révolution de Velours en 1989 n’est pas terminée et la révolution politique n’a pas été accompagnée d’une révolution culturelle et sociale : des vestiges du totalitarisme subsistent dans les habitudes politiques, dans le traitement des minorités ethniques ou encore dans la vie intellectuelle.

Les journalistes tchèques sont eux aussi inquiets. Ils estiment qu’un amendement au code criminel menace la liberté de la presse, en empêchant la publication d’un tas d’informations sensibles.

La semaine dernière, Alexander Vondra, vice-premier ministre tchèque chargé des affaires européennes, a publié une tribune dans le Monde, Un peu de respect, M. le président, à propos des déclarations de Nicolas Sarkozy sur le projet de bouclier de missiles. La tribune m’a assez interpellé : le titre, déjà, est assez provocateur (reste à savoir s’il est dû au Monde ou à Alexandre Vondra lui-même), le contenu, bien que policé, est assez fort et surtout, un membre du gouvernement de la république tchèque interpelle et critique le président français dans un journal français, en rendant public le différent, sans passer par la voie diplomatique. Quelques extraits :

En avril, lors du sommet de Bucarest, les membres de l’OTAN se sont prononcés en faveur du pilier européen de la défense antimissile. C’est pourquoi j’ai été étonné d’apprendre que le président français, en son rôle de président du Conseil de l’Union européenne, a abordé ce thème avec Dmitri Medvedev, le président russe. Vu de Prague, cela a rappelé des périodes où des décisions nous concernant se prenaient à huis clos et en notre absence.

Rappelons que le sujet n’était pas à l’ordre du jour du sommet UE-Russie de Nice. Il n’y avait pas d’accord des Vingt-Sept au nom desquels la présidence pouvait prendre la parole sur ce dossier. Il ne s’agissait pas, de surcroît, d’un cadre propice pour aborder des sujets relevant de la responsabilité non seulement de l’UE, mais aussi de l’OTAN et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

Enfin, puisque notre objectif est aussi de construire des relations avec la Russie sur des bases de partenariat et de coopération, je suis convaincu que les représentants de la France sauront non seulement nous comprendre, mais aussi nous accompagner.