L’aimable personnage, ici pris en photo à Karlovy Vary, est Švejk. Dobrý voják Švejk (le brave soldat Chvéïk) est un héros inventé par Jaroslav Hašek.

Švejk est un soldat incorporé dans l’armée austro-hongroise lors de la première guerre mondiale (ce qui correspond aujourd’hui à la République Tchèque est alors une partie de l’Empire austro-hongrois). Terriblement bavard, naïf et simplet, il déclenche des péripéties burlesques et compliquées, ridiculisant ainsi l’armée austro-hongroise et la guerre.

Mon édition folio indique que chaque fois que l’oppression les menace ou les accable, les Tchèques se souviennent du brave soldat Chvéïk. Inventé par Jaroslav Hašek, ce pilier de cabaret qui menait la vraie vie de Bohême et en mourut prématurément, le soldat Chvéïk est un personnage burlesque qui incarne l’esprit de résistance.

A la suite de l’assassinat de l’archiduc Ferdinand, Švejk est arrêté puis envoyé dans un asile d’aliénés :

Plus tard, lorsque Chvéïk racontait la vie que l’on mène à l’asile d’aliénés, il le faisait en termes très élogieux.

« Sérieusement, je ne comprendrai jamais pourquoi les fous se fâchent d’être si bien placés. C’est une maison où on peut se promener tout nu, hurler comme un chacal, être furieux à discrétion et mordre autant qu’on veut et tout ce qu’on veut. Si on osait se conduire comme ça dans la rue, tout le monde serai affolé mais, là-bas, rien de plus naturel. Il y a là-dedans une telle liberté que les socialistes n’ont jamais osé rêver rien d’aussi beau. On peut s’y faire passer pour le Bon Dieu, pour la Sainte Vierge, pour le pape ou pour le roi d’Angleterre, ou bien pour un empereur quelconque, ou encore pour Saint Venceslas.

Tout le monde était libre de dire ce qu’il avait envie de dire, tout ce qui lui passait par la tête. On se serait cru au Parlement. Très souvent, on s’y racontait des contes de fées et on finissait par se battre quand une princesse avait tourné mal. »