Pour mon séjour à Prague, je touche une bourse (dont la première partie a enfin été versée) . A mes lecteurs contribuables il est nécessaire de rendre des comptes : que fais-je donc à Prague ?

Voici déjà une idée des cours que j’ai suivis :

  • Introduction to photojournalism : sans aucun doute le cours le plus excitant (dont je vous ai déjà touché quelques mots). Avec nos Prakticas, nous avons pris puis développé et commenté des photos en noir et blanc. Génial, mais demande beaucoup de patience.
  • Gender & the body : celui-ci reçoit la palme de l’absurdité. Le cours avait lieu une fois par mois, un dimanche matin. Nous avons du rendre un mémoire autobiographique que, en raison du nombre écrasant de filles, “ceux qui se considéraient comme des garçons” (dixit la prof) pouvaient rédiger en utilisant le féminin.
  • Central european culture: historical and cultural perspective : pas le cours le plus palpitant, mais m’a permis de découvrir les courants de pensée nés dans l’Empire austro-hongrois et l’excellent chocolat chaud du Café Louvre.
  • Un Guided reading à propos de la Présentation de Soi d’Erving Goffman (voilà qui devrait plaire à quelqu’un). J’avais juste le livre à lire et à rédiger une dizaine de pages, sans avoir de cours.
  • European policies and practices toward ethnic minorities : le plus en rapport avec les sciences politiques (et éventuellement ce que je veux faire plus tard). On était supposés travailler énormément (le cours m’a permis de valider un tiers de mon semestre), ce ne fut pas le cas (mais fut malgré tout très intéressant). Les minorités ethniques, en particulier les Roms, sont assez importantes en Europe centrale et souffrent de discrimination : jusqu’à peu, les enfants Roms étaient envoyés dans des écoles à part en République Tchèque. En novembre dernier, des groupes d’extrême-droite avaient débarqué à Litvínov dans l’intention de passer à tabac l’importante communauté Rom (et le traitement des minorités ethniques étaient un des arguments invoqués à propos de la menace totalitaire en République tchèque).
  • Introduction au Czech : le plus utile sur place. C’est un cours de tchèque dit “de survie”, c’est-à-dire qui devait nous permettre de nous en sortir dans les situations courantes, comme se présenter, demander son chemin, commander de la nourriture au restaurant, convenir d’un rendez-vous. Le cours était génial, la prof ultra-pédagogique et baigner dans un environnement tchèque aide. Un peu comme en sixième, nous devions sans cesse parler et faire des petits exercices… en se prêtant au jeu, c’était très efficace (d’autant plus qu’il y avait 5-6 élèves par cours). Nous avons même eu droit à des exercices « en condition » : nous devions demander dans la rue notre chemin pour se rendre à un endroit puis, sur place, demander une information précise (que la prof vérifiait). Aujourd’hui, je suis à peu près capable de m’en sortir dans une situation courante : lorsque Fanny et moi avions pris un mauvais train pour aller à Karljstein, j’avais réussi à parler uniquement en tchèque avec le contrôleur pour savoir comment retrouver notre route. Et j’arrive même à répondre aux petites vieilles qui me demandent de l’aide chez Albert.

Dans le train, entre České Budějovice et Český Krumlov

Plus généralement, les langues sont une importante source d’excitation à Prague. Déjà, mon anglais commence à devenir correct (du moins grammaticalement, ne parlons pas de l’accent). Surtout, le mélange des langues, anglais, allemand, français et tchèque, a quelque chose de fascinant : passer d’une langue à une autre dans une conversation, échanger quelques mots dans une autre langue, comparer les accents (j’ai à peine compris un tiers de ce que disait le prof de minorités ethniques, à cause de son accent canadien). Ces dernières semaines, j’ai passé beaucoup de temps avec des francophones pour qui le français n’était pas la langue maternelle : j’ai adoré faire attention à leurs anglicismes ou germanismes, c’est très amusant à constater.

Et sinon, je devrais d’ailleurs utiliser le passé pour parler de tous ces cours. Je viens d’envoyer les derniers devoirs que j’avais à rendre, il me reste tout juste des entretiens avec des profs, et me voici en vacances ! Seule contrepartie, avec la fin du semestre, les gens partent. Après Eileen et Pauline, Luka, Caline et Ala sont partis à leur tour et j’ai fini mes divers travaux dans un appartement vide. Mais la suite s’annonce prometteuse : nouvel appartement, convention de stage signée cet après-midi et débarquement des deux demain…