Co dělaš v Praze ?
Le samedi 24 janvier 2009 à 02h11 - Lien permanent
Pour mon séjour à Prague, je touche une bourse (dont la première partie a enfin été versée) . A mes lecteurs contribuables il est nécessaire de rendre des comptes : que fais-je donc à Prague ?
Voici déjà une idée des cours que j’ai suivis :
- Introduction to photojournalism : sans aucun doute le cours le plus excitant (dont je vous ai déjà touché quelques mots). Avec nos Prakticas, nous avons pris puis développé et commenté des photos en noir et blanc. Génial, mais demande beaucoup de patience.
- Gender & the body : celui-ci reçoit la palme de l’absurdité. Le cours avait lieu une fois par mois, un dimanche matin. Nous avons du rendre un mémoire autobiographique que, en raison du nombre écrasant de filles, “ceux qui se considéraient comme des garçons” (dixit la prof) pouvaient rédiger en utilisant le féminin.
- Central european culture: historical and cultural perspective : pas le cours le plus palpitant, mais m’a permis de découvrir les courants de pensée nés dans l’Empire austro-hongrois et l’excellent chocolat chaud du Café Louvre.
- Un Guided reading à propos de la Présentation de Soi d’Erving Goffman (voilà qui devrait plaire à quelqu’un). J’avais juste le livre à lire et à rédiger une dizaine de pages, sans avoir de cours.
- European policies and practices toward ethnic minorities : le plus en rapport avec les sciences politiques (et éventuellement ce que je veux faire plus tard). On était supposés travailler énormément (le cours m’a permis de valider un tiers de mon semestre), ce ne fut pas le cas (mais fut malgré tout très intéressant). Les minorités ethniques, en particulier les Roms, sont assez importantes en Europe centrale et souffrent de discrimination : jusqu’à peu, les enfants Roms étaient envoyés dans des écoles à part en République Tchèque. En novembre dernier, des groupes d’extrême-droite avaient débarqué à Litvínov dans l’intention de passer à tabac l’importante communauté Rom (et le traitement des minorités ethniques étaient un des arguments invoqués à propos de la menace totalitaire en République tchèque).
- Introduction au Czech : le plus utile sur place. C’est un cours de tchèque dit “de survie”, c’est-à-dire qui devait nous permettre de nous en sortir dans les situations courantes, comme se présenter, demander son chemin, commander de la nourriture au restaurant, convenir d’un rendez-vous. Le cours était génial, la prof ultra-pédagogique et baigner dans un environnement tchèque aide. Un peu comme en sixième, nous devions sans cesse parler et faire des petits exercices… en se prêtant au jeu, c’était très efficace (d’autant plus qu’il y avait 5-6 élèves par cours). Nous avons même eu droit à des exercices « en condition » : nous devions demander dans la rue notre chemin pour se rendre à un endroit puis, sur place, demander une information précise (que la prof vérifiait). Aujourd’hui, je suis à peu près capable de m’en sortir dans une situation courante : lorsque Fanny et moi avions pris un mauvais train pour aller à Karljstein, j’avais réussi à parler uniquement en tchèque avec le contrôleur pour savoir comment retrouver notre route. Et j’arrive même à répondre aux petites vieilles qui me demandent de l’aide chez Albert.

Plus généralement, les langues sont une importante source d’excitation à Prague. Déjà, mon anglais commence à devenir correct (du moins grammaticalement, ne parlons pas de l’accent). Surtout, le mélange des langues, anglais, allemand, français et tchèque, a quelque chose de fascinant : passer d’une langue à une autre dans une conversation, échanger quelques mots dans une autre langue, comparer les accents (j’ai à peine compris un tiers de ce que disait le prof de minorités ethniques, à cause de son accent canadien). Ces dernières semaines, j’ai passé beaucoup de temps avec des francophones pour qui le français n’était pas la langue maternelle : j’ai adoré faire attention à leurs anglicismes ou germanismes, c’est très amusant à constater.
Et sinon, je devrais d’ailleurs utiliser le passé pour parler de tous ces cours. Je viens d’envoyer les derniers devoirs que j’avais à rendre, il me reste tout juste des entretiens avec des profs, et me voici en vacances ! Seule contrepartie, avec la fin du semestre, les gens partent. Après Eileen et Pauline, Luka, Caline et Ala sont partis à leur tour et j’ai fini mes divers travaux dans un appartement vide. Mais la suite s’annonce prometteuse : nouvel appartement, convention de stage signée cet après-midi et débarquement des deux demain…

Commentaires
"ne parlons pas de l’accent" : mouahahahahahahahahaha. tu peux dire "sex, drugs and rock 'n roll" juste pour moi??
sinon comme café, tu veux quoi? italien, arabica, eco-bio-bobo??
C'est très intéressant tout ça !
En rapport aux langues et à l'aspect culturel d'un échange du type erasmus j'ai pas mal de questions à te poser. Disons que j'ai eu le temps de débattre sur le sujet. Mais pour simplifier, quel est ton point de vu sur le fait que les cours soient en Anglais pour les étrangers à Prague et que l'apprentissage du Tchèque ne soit pas obligatoire lors de l'échange ?
Autres choses:
1) Ça veut dire quoi le titre (je ne parle pas Tchèque moi)
2) On s'en fou de l'accent, l'important c'est de parler (et au contraire l'accent Français c'est sexy, alors...)
voila des nouvelles interessantes sur le contenu de ce semestre qui s'achève mais c'est bien triste de voir ses collègues s'en aller!!! que va étre le suivant? et le temps? toujours de la neige?
Un cours sur Erving Goffmann! La chance. Il faut que je me replonge dans mes classiques de socio d'ailleurs, je commence a oublier...
Le cours de féminisme, énorme. Alors Antoinette, ca fait quoi d'écrire au féminin?
Moi aussi Goffman est mon sociologue préféré ; "mise en scène de la vie quotidienne 1 & 2 ", "asile", bref que du lourd !
Tout ça pour demander si le frérot est bien arrivé ?
Au fait la bière super top !
Allez, bon déménagement...
le frérot est bien arrivé, et il est malheureusement bien reparti aussi... le confirme, la bière super top, super cheap, le pied. :-)
Humm le mélange de langues... ça me rappelle mes débuts avec les catalans qui commençaient les réunions en castillan et qui continuaient en catalan.. Moi bien que hyper concentré, je mettais toujours un certain temps à réaliser que je ne comprenais plus rien car ils avaient changé de langue ! Et puis avec le temps.. tu te mets aussi à jongler entre les langues, les cultures, ça se passe très bien !
Que du bon souvenir !