A la gare, par exemple, les quais ne sont pas indiqués : pour trouver son train, il faut demander à au moins six personnes, pour être sûr d’avoir une réponse à peu près sûre (mais cet échantillon représentatif est plus fiable que ceux d’Ipsos, nous n’avons pas raté notre train une seule fois). Même chose pour l’arrivée, puisque le nom des arrêts n’est pas indiqué par une quelconque voix : un peu angoissant quand on sait juste que le train doit arriver vers quatre heures du matin.

Le port de Cochin, Kerala

Le confort est tout aussi relatif. Les banquettes sont a priori faites pour accueillir trois personnes, mais il n’est pas rare d’être à cinq dessus. Quant aux couchettes pour les voyages de nuit, elles ne sont ni larges, ni longues, ni épaisses.

Je ne me suis pas ennuyé (enfin, pas trop, par rapport à la durée des voyages), j’ai eu des activités très diverses : donner mon nom et mon adresse email x fois, dire si j’étais marié ou non, faire circuler une pièce en euros, chanter (Dans la jungle terrible jungle), recevoir des légumes en cadeaux (que j’ai mangés en pensant avec douleur à tous les conseils sanitaires du Routard), être pris en photo ou encore observer les vendeurs ambulants, en particulier ceux qui crient « Chai, chai, kopi, kopi, kopi ».

Hampi, Karnataka

Où as-tu été ?

Je suis arrivé à Chennai, mais je n’y suis pas resté longtemps, c’est très pollué (un test amusant est de se passer un coton sur le visage le soir) et il n’y a pas grand chose à faire. Premier voyage, direction Hampi puis Goa (précisément Palolem Beach), puis retour à Chennai (25 heure de train, en traversant toute l’Inde). Après une pause de quelques jours à Chennai (l’occasion de suivre un cours de relations internationales et d’aller au cinéma voir Slumdog Millionnaire), direction le Kerala, à Cochin puis à Varkala.

Varkala, Kerala

Je suis passé rapidement par Bangalore et Hubli : je n’en ai vu que les gares, mais je ne risque pas de les oublier. Dans la gare de Bangalore, j’ai eu le plaisir de manger à 4 heures du matin des délicieuses Aloo Paratha qui se présentent comme d’innocents galettes de pommes de terre mais dans lesquels on trouve autant de piments que de touristes sur le Pont Charles un samedi après-midi. Sympathique réveil ! A Hubli, on a été poursuivis dans toute la gare par Srivinas (d’après sa carte, il tient un New Kalburgi Beauty Centre à Hubli) qui voulait à tout prix nous offrir un ananas (plutôt que nous, surtout à ma compagnonne de voyage).

Hampi, Karnataka

Hampi, Karnataka

On mange quoi là-bas ?

Le Sud de l’Inde est plutôt végétarien et on y mange très bien. Il y a eu le thali du premier jour au Ratna Café, servi sur une feuille de bananier, et aussi le Masala Dosa. Il y a eu pas mal de currys (vive le Mango Tree à Hampi), des Biryanis et des fantastiques Lassis, en particulier les Banane - Noix de Coco. Sans oublier les ananas frais, coupés en fines tranches, ou le poisson cuit dans une feuille de bananier à Cochin. Et, indispensable, la Raita qui permet de soulager la bouche !

Chennai

Sans oublier les épices, les piments et le thé que j’ai ramenés (le mélange Assam-Darjeeling est délicieux, le thé vert n’est pas mauvais et le Masala, aux épices, est assez sympa). Et comme je n’ai toujours pas rangé mes épices dans des bocaux, ma chambre sent assez bon.

Hampi, Karnataka

Hampi, Karnataka

Tu t’es déplacé comment ?

Le train n’a pas le monopole, les autres transports sont aussi une attraction. Le bus, pour le côté vraiment inconfortable, genoux repliés pendant sept heures (et qui cognent à chaque bosse, donc tous les cent mètres, sur la plaque de métal au dos du siège devant). La conduite du chauffeur est simple : il klaxonne quand il double, il klaxonne quand il se rabat, il klaxonne quand il veut dire à quelqu’un qu’il gêne, et il doit klaxonner pour pas mal d’autres raisons.

Hampi, Karnataka

Le taxi est tout aussi drôle. Je me suis souvenu il y a quelques jours du « taxi » pour aller de Goa à Palolem. Le trajt était magnifique, à 6 heures du matin au milieu du lever de soleil, des palmiers, de la verdure et des montagnes mais la conduite du chauffeur un peu stressante : tout en tenant le volant d’une main, il essuyait de l’autre la buée sur le pare-brise avec un chiffon . J’ai même eu le réflexe d’essayer d’appuyer sur la pédale de frein quand, dans un virage, il y avait un bus à notre droite et une vache sacrée à notre gauche (il a évité les deux).

Hampi, Karnataka (et un rick !)

Et surtout, il y a le rickshaw, tricycle à moteur (« auto, auto »). La négocation est tout un rituel : on annonce la destination, non pas l’adresse l’exacte, mais les lieux qui permettent de le repérer (comme le mythique KMC backside, KMC étant un hopital psychiatrique, ou encore Madras University). Le chauffeur va hocher la tête même s’il ne connaît pas, et annoncer un prix : le jeu consiste à descendre le prix au plus bas possible avec des arguments du genre « Crazy », « We are not tourists, we are living here » ou encore « Come on ! I know the way and I know the price ».

Chennai et un rickshaw

Palolem, Goa

Et les gens dans tout ça ?

Ce n’est pas tout, l’Inde c’est aussi pas mal de gens : évidemment Charlotte (qui n’a heureusement pas fait de crise cardique mais m’a accueilli à deux heures du matin avec un couteau à la main), les colocs fantastique, Sunny guesthouse (qui a répété toute la journée « No water, empty room, loss of money » après que nous avons vidé la citerne dans un malheureux concours de circonstances), tous les indiens qui ont pris mon adresse email et dont j’ai eu du mal à comprendre l’accent, et tous les autres !

Palolem, Goa