Snobisme erasmus
Le jeudi 11 juin 2009 à 19h16 - Lien permanent
Non, l’étudiant erasmus n’est pas un simple touriste. Lui ne se promène pas en meute sur Staroměstská, en suivant le parapluie Mickey brandi par un guide. D’ailleurs, l’étudiant erasmus met rarement les pieds dans la vieille ville, tout au plus quand il fait visiter Prague à ses amis. Le Pont Charles ? « Bondé de touristes, infréquentable », répond-il d’un air dédaigneux, en consentant au mieux à le traverser de nuit.
Non, vraiment, l’étudiant erasmus préfère des endroits bien plus « authentiques », le quartier de Žižkov par exemple, pas encore souillé par les cohortes venues en vols low-cost. Là, il se plaît à fréquenter des cafés non répertoriés dans les guides touristiques. Dans ces bars et cafés, l’étudiant erasmus ne dépense pas plus de 25 couronnes pour une bière.
Car il devient aussi un peu pingre : à ceux qui lui désignent un menu à 150 couronnes, il répond : « Vous n’y pensez pas ? Manger pour 150 couronnes ? C’est 6 euros, c’est beaucoup trop ! ». Il ne se laisse pas prendre au piège de ces restaurants pour touristes : lui sait qu’il est tout à fait possible de manger pour 70 couronnes. Un goulash trop cher est forcément mauvais.
Plus ou moins régulièrement, l’étudiant erasmus voit ses amis tchèques : connaître des « vrais tchèques » est une preuve éclatante de son intégration (le sommet de la réussite serait même de sortir avec des autochtones). Avec eux, il essaye de parler tchèque puisque, évidemment, il apprend le tchèque. Comment pourrait-il en être autrement ? Et surtout, sans cela, comment pourrait-il acheter du vin au tonneau à la petite vieille qui tient la vinothèque près de chez lui ? Alors, dès qu’il en a l’occasion, et pour montrer qu’il essaye de s’intégrer, il parle tchèque et n’emploie l’anglais, la langue du touriste, qu’en dernier ressort. Parfois, à son grand désespoir, c’est son interlocuteur qui répond en anglais.
Mais, comble du bonheur, il entend dire qu’il a un accent « est-moravien ». Certes, il croit deviner là qu’il a un accent de bouseux, mais c’est toujours mieux qu’un accent anglais. L’étudiant erasmus est ainsi ravi de guider des touristes espagnols qui lui demandent « are you from here ? » ou même d’aider, en tchèque, des petites vieilles dans les supermarchés.
Seule déception, malgré tous ses efforts, l’étudiant erasmus doit se contenter de lire Šíp plutôt que Respekt.


Commentaires
De la même façon, l'étudiant erasmus n'entend pas se plier aux habitudes gastronomiques de son pays d'accueil. Il ne mange tchèque pas plus de deux ou trois fois par semaine, et son réfrégirateur regorge de produits bien franchouillards à base de lait cru ou cuit. Cela constitue ainsi son alimentation de base, sorte de branche à laquelle il peut s'accrocher allègrement.
L'étudiant erasmus n'est tout de même pas mal loti :-)
Mais c'est qui cet étudiant érasmus? Des noms, des noms, c'est honteux ces conditions de vie aussi confortables..Quand on voit c'qu'on voit et qu'on sait c'qu'on sait......
enfin des nouvelles...et des bonnes.merci. il nous plait vraiment beaucoup l'étudiant ERASMUS.il est étonnant que depuis jeudi 11 /6
il n'y ait pas eu plus de commentaires sur ce
beau portrait d'HONNETE-ETUDIANT SAGE.
Bises et a plus_
Et pourquoi il serait beau, honnête et sage cet étudiant erasmus qu'on sait pas qui c'est? Il a peut-être quelques casseroles sur la conscience qu'il nous cache en nous racontant une vie de rêve!!!!
mouaha : laisses moi rire!!
(plus de commentaires demain :D)
C'est beau comme du Sollers ou du Dutourd !
Mais tu nous avais habitué à mieux ; du polémique, du critique, du pas lissé, pas policé...
Car là, on est loin du prix Albert Londres : va falloir se mettre à bosser en rentrant après ces vacances à Prague, hein, Erasmus !
oui d'ailleurs il rentre quand l'Erasmus ? Il prend des vacances ou il retourne à l'Yonne républicaine ou autre support d'information... Ou, direct les bouchons Lyonnais ? ;-)
si je suis d'accord avec l'étudiant erasmus sur par mal de trucs : les touristes, le pont charles et ses attrapes touristes sortis du sacré coeur (non je rigole, c'est beau le pont charles, quoique rempli d'italiens qui parlent fort), quelques remarques.
acheter du picrate à une vieille dans une echoppe grande comme ma salle de bain et revenir fièrement avec ledit picrate dans une bouteille en plastique, c'est pas classe.
il était pas content, l'étudiant erasmus, de manger son bout de bidoche à 400 bidules-choses?? par contre, il est vrai que l'alcool low-cost, c'est quand même une belle invention. et tant que ces prix et ceux de l'avion resteront ce qu'ils sont, on pourra ainsi sursoir à l'interdiction prochaine de l'happy hour en france.
et si on parlait du frangin qui vient visiter l'étudiant erasmus? qui se demande encore comment les tchèques font pour bouffer du pain avec un goût aussi dégueu, pardon bizarre. Qui se demande aussi passé les moches.
et bruno a raison, c'est vrai que manger local a causé à certains visiteurs des désagréments d'ordres désagréables (l'a
urait fallu manger des pommes). je ne sais pas non plus si le frigo de l'étudiant erasmus a un jour désempli de ses divers représentants de la famille des fromages qu'ont une vraie tronche de fromage... ainsi que de vrai café... D
des casseroles, l'étudiant erasmus?? A par courir autour d'un bus, en compagnie d'autres gens de son espece, je vois pas ^^
PS : faut vraiment arrêter les céréales dans le yagourt, je sais pas comment vous faites!!