Parler tchèque ou ne pas parler tchèque, telle est la question
Le mardi 23 juin 2009 à 19h37 - Lien permanent
Beaucoup d’eau a coulé sous le pont Charles depuis (et autant de touristes sur le dit pont) : il y a fort longtemps un lointain (11 800 km à vol d’oiseau) mais avisé commentateur, Martin, m’a interrogé :
En rapport aux langues et à l’aspect culturel d’un échange du type erasmus j’ai pas mal de questions à te poser. Disons que j’ai eu le temps de débattre sur le sujet. Mais pour simplifier, quel est ton point de vue sur le fait que les cours soient en Anglais pour les étrangers à Prague et que l’apprentissage du Tchèque ne soit pas obligatoire lors de l’échange ?
« Très bonne question » ai-je pensé, et j’ai eu cinq mois pour (ne pas) réfléchir à la réponse.

A la fac, tous mes cours étaient donc en anglais et ils étaient fréquentés uniquement par des étudiants Eramus, à l’exception d’un cours où les étudiants tchèques étaient majoritaires (il n’y a avait que trois étudiants Erasmus, peut-être parce que le cours avait lieu le dimanche matin). Les étudiants tchèques que je connais, je les ai rencontrés hors de la fac, notamment par un système de tandem (un étudiant tchèque qui apprend le français rencontre un étudiant français apprenant le tchèque).
L’apprentissage du tchèque n’était pas absolument obligatoire, c’était même un luxe. Apparemment, la possibilité de l’apprendre était limitée aux étudiants en sciences humaines, dans les facultés de philo et lettres, sciences sociales et sciences humaines : et dans ces facultés, les cours étaient payants (de l’ordre de cent euros, je crois), sauf dans la mienne où les cours étaient gratuits. Dans le cas des facultés de sciences et surtout de médecine (où les étudiants travaillent énormément), soit aucun cours de tchèque n’était proposé, soit les conditions ne permettaient pas d’apprendre le tchèque, en raison du nombre ridicule d’heures ou du nombre trop important d’étudiants.
Alors, c’est bien ? mal ? Aucune idée. C’est mal de parler beaucoup anglais ? Je ne le pense pas. C’est peut-être plus regrettable de ne pas chercher à parler tchèque ou de ne rencontrer aucun tchèque. Si l’on pousse à l’extrême, le séjour Erasmus manque de « dimension culturelle » : je me bourre la gueule entre étrangers. Mais l’autre côté est tout autant caricatural, « je cherche à tout prix à rencontrer des autochtones, je veux à voir à quoi ils ressemblent. »
Toutefois, d’après ce que je vois dans d’autres pays où ils « parlent la langue » (en Allemagne par exemple), les étudiants Erasmus ont aussi tendance à rester entre eux : ce sont les premières personnes qu’ils rencontrent, par les cours de langue en été, les réunions de rentrée ou les résidences étudiantes. Leur emploi du temps favorise aussi cette endogamie : un étudiant « local » a un emploi du temps assez différent, il passe plus de temps à l’université et moins de temps dans des bars. Et à ça, l’obligation d’apprendre le tchèque ne changerait pas grand chose.

Commentaires
je ne dirais qu'une chose :
"jedno pivo pilsner"!!!!!
parce que de toute façon, je sais pas dire autre chose.
quand même
dobro rouch
decouillo
prosim
dobridien
et le plus important, une fois que la Pilsner est servie : Nasdravie!!! :D